Addiction aux réseaux sociaux ou crainte de passer pour un professionnel peu assidu, de nombreuses raisons nous poussent à garder nos outils technologiques à portée de main… et à les vérifier sans cesse.

Votre téléphone qui vibre à tout bout de champ, votre boîte mail qui se remplit plus vite que votre corbeille à papier, votre fil Twitter qui vous rappelle combien 1/2 journée d’absence risque de vous faire manquer une information cruciale… Vous ne vous sentez pas un peu sous tension permanente, parfois ? Moi si.déconnecter des réseaux

Sans parler de la vérification systématique de ses mails au lever et au coucher, presque comme dernier rituel pré-endormissement et post-réveil. De la consultation compulsive de son compte Facebook – toujours sur son addictif smartphone -, des notifications Twitter qui font vibrer votre téléphone sans cesse, au moment où vous décidiez enfin de le poser, des gens qui s’attendent à ce que vous répondiez aussi vite à un mail qu’à un SMS parce que vous avez un smartphone et que la 3G existe, …

Parfois, je me dis qu’il serait salvateur de tout couper !

Pourquoi déconnecter ?

Certains, comme la coach Barbara Meyer, ont un avis moins tranché sur la question de l’hyperconnectivité :

Quand on pense qu’il y a seulement 10 ans on perdait 1 à 2 h par jour à téléphoner aux copains, à la famille, aux collègues, …pour partager une nouvelle et qu’aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux un seul message peut être diffusé sur linkedin, facebook et twitter en même temps !

On ne peut que se réjouir de cette nouvelle opportunité d’optimisation du temps. […]

C’est comme ça… L’être humain a besoin de reconnaissance, de confiance en soi… et de PARTAGE et c’est tant mieux! Les réseaux nous offrent ça et même plus encore !

Pourtant, des spécialistes et des articles de presse tirent la sonnette d’alarme : hyperconnectés, nous ne saurions plus profiter de rien ni doser ces moments d’échange virtuels. Il serait nécessaire de passer d’un extrême à l’autre, via une déconnexion totale. Pour cela, des offres de séjours « digital detox » apparaissent. Et on paye donc pour se retrouver coupé des réseaux en laissant son smartphone et autres liens technologiques au coffre-fort de l’hôtel, comme le relate cet article du Monde : Digital detox, le jeûne des hyperconnectés.

Au-delà de l’intérêt commercial suscité par ce besoin de décrochage numérique de la population, la déconnexion pourrait constituer un enjeu de société.

Des experts font remarquer qu’aujourd’hui, la marque du pouvoir n’est plus d’avoir accès à une connexion mais plutôt d’avoir la possibilité de s’en défaire à loisir, sans risque majeur. Explications par Rue89, dans son intéressant point de vue « La surconnexion est une question sociale, il est temps de s’en préoccuper » :

La marque du pouvoir, de plus en plus, est d’avoir la maîtrise sur sa connexion : on n’est pas tenu de répondre à ses mails de la même façon si on est PDG que si on est simple employé.

Le chercheur interviewé dans l’article précise :

« Les nouveaux pauvres des télécommunications ne sont plus ceux qui n’ont pas accès à la connexion, mais ceux qui vivent désormais dans l’obligation de répondre immédiatement et qui ne peuvent donc pas échapper à la situation de vivre dans une sorte d’interpellation continue.

Alors si vous faîtes partie des « riches », ceux qui se sont en quelque sorte mis la pression d’eux-mêmes mais qui peuvent se permettre de réduire leur temps de connexion, voici quelques astuces pour y parvenir.

3 astuces pour déconnecter volontairement

1- N’utilisez plus votre téléphone portable comme réveil

Et laissez le tout seul dans une autre pièce pendant la nuit. Vous dormirez alors loin des ondes et autres notifications. Pour vous lever en temps et en heure, retrouvez ce bel objet déco passé de mode… le réveil matin !

Mais oui, souvenez-vous. C’est vrai qu’il a dû prendre la poussière mais votre bon vieux réveil digital, malgré sa sonnerie digne d’un réveil à coup de seau d’eau glacée, avait au moins le mérite de vous laisser tranquille le reste de la nuit. Si vous préférez la douceur, il existe maintenant des versions sympas avec chant des oiseaux, bruit de la rivière et autres joyeusetés bucoliques.

Couple in bed with laptop and tablet

Non non non, ce n’est plus l’heure de regarder ses mails !

2- S’octroyer des plages horaires pour vérifier ses e-mails

Même si on n’est pas partisan de la déconnexion totale, il sera clairement moins chronophage de décider de moments préétablis dans la journée pour regarder ses mails. On favorise ainsi grandement la productivité. Cela suppose de fermer totalement votre logiciel de messagerie pour éviter la tentation ou de désactiver les notifications qui apparaissent habituellement en bas à droite de l’écran à chaque nouveau message reçu.

Et aussi d’admettre, comme le dit Barbara Meyer dans « Hyperconnectivité, on décroche ou pas ?« , que :

« l’expéditeur n’attend pas forcement de réponse dans les minutes qui suivent. Peut-être envoie t’il ce mail pour se libérer d’une tâche à laquelle il vient de penser avant de s’endormir »

 

3- Enlever les notifications sur son smartphone

Ca paraît basique mais parfois, on est un peu maso. On aime bien savoir qui a réagi en premier à notre post Facebook et si notre dernier article a généré des commentaires immédiats ou pas.

Pourtant, quand on parvient à se délivrer de ces appels impérieux, on réalise qu’en prenant connaissance des réactions de notre réseau seulement 2h après, on n’a rien perdu… et on a même gagné du temps de cerveau disponible pour faire autre chose !

En conclusion, évitez de sombrer dans la crainte permanente de rater quelque chose

C’est grisant, Internet. Le champ des possibles, les sources multiples d’informations et d’interactions. Parfois, quand on trouve une communauté dans laquelle on se sent bien, un media qui nous permet de suivre un sujet qui nous passionne, on peut glisser vers l’envie – totalement illusoire – de ne rien manquer. Il semblerait que ce syndrome ait un nom : FOMO. En anglais, « fear of missing out« . La crainte de rater quelque chose.

Mais personne ne peut être partout. Et savoir choisir où l’on veut vraiment être – c’est-à-dire ni « partout » ni forcément où sont les copains -, c’est un signe de bonne connaissance de soi. C’est aussi accepter, avec réalisme, que choisir implique d’abandonner certaines choses. Il y a toujours des milliers d’endroits où nous ne serons pas – je sais, c’est anxiogène. Mais pendant ce temps, on vit, tout simplement.

Pour aller plus loin sur la question du décrochage, je ne peux que vous conseiller cette excellente infographie. Elle aide plus globalement à trouver des solutions pour notre survie mentale à cette ère de la distraction et de la sollicitation permanentes.

How to focus at the age of distraction

Infographie : « How to focus at the age of distraction » (cliquez pour agrandir)

 

Alors plutôt que chercher l’application qui nous rendra toujours plus performant – se connecter et répondre sur 4 réseaux sociaux à la fois – ou nous permettra de traiter nos emails le plus rapidement possible… reconnaissons qu’il n’existe pas d’appli pour nous autoriser à profiter de tout ce qui nous entoure, IRL*.

(* in real life)

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